AArbenZ est une aventure créative, une quête de sens, initiée durant mon adolescence dans un monde qui me paraissait en être dépourvu. A la recherche des héritiers de la Beat Generation de New York à San Francisco, j’y ai découvert de nouveaux récits, en marge de notre société. J’y ai également découvert des techniques littéraires dites automatiques et spontanées inspirées du Jazz. Mais c’est lors d’un long périple en solitaire autour de l’Australie, il y a 10 ans, que j’ai pu Encré en moi ces techniques et cette manière de voir le monde. J’ai été confronté aux grands espaces, aux vides intérieurs que seule la nature dans sa forme la plus pure permet, déconnecté de toute modernité. Cette rencontre avec moi-même, mais aussi avec les Aborigènes d’Australie, m’ont permis de comprendre le sens premier de l’Art, de nouer des liens avec ce qui nous dépasse, d’assembler tout ce que la Nature nous offre afin de créer des récits, à l’écoute des sens, à l’écoute de Soi. L’Art de transformer un entre-deux mondes en un espace ludique rempli de sens. C’est donc avec quelques stylos et un peu de papier acheté dans un magasin au fin fond de la brousse Australienne que j’ai initié mon processus artistique et que je perpétue depuis.
Technique
Mes œuvres sont réalisées à l’aide des outils de dessin architectural de mon père : équerres, normographes, compas et règles. Ces instruments constituent la base de toutes les structures géométriques, mandalas, cadres et compositions abstraites, transformant la précision technique en poésie visuelle transcendantale et perpétuant son héritage à travers mes expériences vécues. Chaque pièce commence par un dessin à l’encre méticuleux sur papier (encre de Chine, stylos Rotring, plumes à dessiner) afin de définir les formes géométriques. Viennent ensuite les couches de couleur, appliquées principalement à l’aquarelle et à l’acrylique, parfois rehaussées de pigments fluorescents qui révèlent une lumière cachée. Le collage ajoute une profondeur narrative : timbres vintage, papier washi et fragments numériques imprimés. J’introduis également parfois les dessins originaux dans un système d’intelligence artificielle, qui les réinterprète (par exemple, comme un poème de Ginsberg sous microscope électronique). Ces résultats sont imprimés sur un papier identique à l’oeuvre originale, créant un dialogue fractal entre l’origine artisanale et l’écho algorithmique. Toutes les œuvres sont réalisées au format Jesus (56 × 76 cm), choisi pour son aspect pratique pendant les périodes nomades et conservé comme cadre spatial cohérent qui ancrent l’esprit expansif de l’œuvre.